Juil 11

Le monde en statistiques

Un lien vraiment intéressant pour avoir des statistiques sur un pays qui vous intéresse, voire le comparer avec un autre (en anglais, comme la plupart des sites intéressants) :

http://www.worldvaluessurvey.org/WVSOnline.jsp

Saviez-vous, par exemple, que les amis sont considérés plus importants en France qu’au Mexique ?

=> Amitié

Que les Français sont plus croyants que les Espagnols, mais moins que les États-Uniens ?

=> Religion

Que les Espagnols considèrent la prostitution plus justifiable que ne le font les Français et les Sud-Africains ?

=> Prostitution

Vous trouverez des chiffres sur tout ! À défaut de vous être utile, cela vous fera amusera un bon coup…

 

 

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Juin 20

Quels sont les pays les plus heureux au monde ?

Le « World Happiness Report » (Rapport mondial sur le bonheur) est une étude très sérieuse visant à évaluer le bonheur des habitants du monde entier. La France se trouve en 25e position pour la période de 2010-2012.


À l’origine était une résolution des Nations unies en 2011, celle de mesurer le bonheur des populations. Et ce, afin de permettre des politiques adaptées.

Comment mesurer le bonheur ? La difficulté vient des deux sens que ce mot implique. Le bonheur est d’abord une émotion éprouvée à un moment donné : « Je suis heureux. » Mais c’est aussi une évaluation : « Je suis heureux d’une manière générale, je suis content de la vie que je mène » (distinction peut-être encore moins évidente avec l’adjectif anglais « happy »).

Le rapport insiste sur la forte influence de la santé mentale en la matière. « La santé mentale est le facteur le plus déterminant pour le bonheur individuel (dans tous les cas où cet aspect a été étudié). Environ 10% de la population mondiale souffre de désordres liés à une dépression clinique ou une angoisse maladive. Il s’agit de la plus grande cause de handicap et d’absentéisme, avec des coûts élevés en termes de misère et de pertes économiques » (introduction, p. 4).

Ce rapport, très sérieux, explique d’autre part que les sociétés heureuses sont plus productives et en meilleure santé (p. 56). Tous y gagnent, que ce soit dans le domaine de la famille, dans le cadre du travail ou au sein de la communauté.

Il s’agit de la seconde étude sur le bonheur humain à une telle échelle. La première s’intéressait aux données scientifiques. Celle-ci se préoccupe des questions politiques et même philosophiques. Le rapport conclut sur la nécessité d’adapter les politiques dans le sens d’un bonheur individuel.

L’évaluation du bonheur s’appuie sur le PIB, le soutien social, la perception de la corruption, la générosité, la liberté et l’espérance de vie à la naissance.

À la p. 22, se trouve un classement des pays sur l’échelle du bonheur. Le Danemark occupe la première place, suivi par la Norvège et la Suisse :

1) Danemark
2) Norvège
3) Suisse
4) Pays-Bas
5) Suède
6) Canada
7) Finlande
8) Autriche
9) Islande
10) Australie
11) Israël

 

Les États-Unis sont en 17e position, et la France est le numéro 25 – juste après le Royaume-Uni.

À la fin du classement, se trouvent la Syrie, les Comores, la Guinée, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, la République centrafricaine, le Bénin et, enfin, le Togo.

 

Pour en savoir plus :

Lien : http://unsdsn.org/resources/publications/world-happiness-report-2013/ (en anglais ; cliquer sur « Download Publication » en haut pour accéder au rapport intégral)

 

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Juin 06

Mauritanie : grossir pour être belle

Si l’Occident lutte avec acharnement contre l’obésité – fléau médical, économique, voire « terrorisme de l’intérieur » – en Mauritanie, on voit les choses autrement. Loin des sempiternels régimes, là-bas, la tendance est plutôt au gavage.


Emplacement de la Mauritanie : entre le Sahara occidental et le Mali.

La Mauritanie, c’est par là ! (Source : http://www.confemen.org/789/mauritanie/ )

 

La Mauritanie est située au nord-ouest de l’Afrique. C’est un territoire peu peuplé (3,4 millions d’habitants en 2012), peu développé (en 2009, il se situe à la 154e place pour l’IDH, sur 182 pays), et majoritairement rural.

À cause de la pauvreté, l’obésité est le signe d’un statut social élevé : cela montre que l’on a les moyens de se nourrir. En outre, une femme plus en chair est supposée mettre au monde des enfants en bonne santé. Charlotte Abaka – avocate spécialisée dans la défense des droits des femmes – explique enfin que, « en grossissant, [les filles] paraissent plus vieilles et donc bonnes à marier. »

Ce n’est pas le seul pays où l’obésité féminine peut représenter un atout. D’après un article de Courrier international datant de 2005, il s’agirait d’un phénomène récurrent dans le monde arabe. Néanmoins, en Mauritanie, chez la minorité maure, il peut prendre une ampleur gargantuesque. Afin d’accélérer le mariage de leur fille, de l’embellir, certains Maures (minorité à ne pas confondre avec les Mauritaniens) pratiquent ce que nous autres Français appelons « gavage » : on les force à se nourrir. L’article de Courrier international rapporte notamment ce témoignage de Jihat Mint Ethman :

« J’avais 8 ans et je vivais dans une famille nomade du désert de Mauritanie, quand ma mère a commencé à me gaver. Je devais boire quatre litres de lait le matin, avec du couscous. J’avalais la même chose à l’heure du déjeuner. À minuit, on me réveillait pour boire quelques pintes de plus, enfin, à 6 heures du matin, on me servait un autre repas avant le petit déjeuner. Si je refusais de manger, ma mère me tordait les orteils jusqu’à ce que la douleur soit insupportable. À force de gavage, je ressemblais à un matelas. »

Mais d’où vient cette technique du gavage ? Dans son mémoire, Nejwa El Kettab explique que les femmes occupent une place centrale dans la société mauritanienne et elles sont très respectées (oui, malgré le gavage). Ce sont elles qui « assument les devoirs de l’hospitalité et d’entretien du foyer et des affaires qui sont liées à la survie du groupe et de la famille. » Quant aux hommes, ils « servent les femmes » et se soucient de leur bien-être. « Cette volonté de servir la femme de manière à ce qu’elle ne manque de rien vient expliquer ce rite du gavage et de l’entretien du corps de la femme présent dans cette société. »

Donc, non, la pratique du gavage n’est pas le signe d’un esclavagisme misogyne. Mais plutôt l’excès paradoxal du respect porté aux femmes. D’ailleurs, elle n’est l’affaire que d’une minorité de plus en plus faible. En 2004, l’ONU a organisé une conférence sur le thème de l’obésité, tandis que la Mauritanie engageait une campagne de sensibilisation.

Entre les gavages et l’anorexie, il semble que le juste milieu ne soit pas toujours facile à trouver.

 

Pour en savoir plus :

– l’article sur le site Vivelesrondes.com (2005), assez court mais donnant une bonne idée du phénomène ;

– le mémoire de Nejwa El Kettab, Engagement politique et associatif des femmes en Mauritanie (Université de Picardie Jules Verne – Master 2 recherche sociologie 2012). On peut le consulter via ce lien.

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Mai 12

Espagne : les bars à tapas, ou comment boire beaucoup sous prétexte qu’il faut bien manger

En Espagne, la ville la plus réputée en la matière est León – une ville nichée à trois heures au N-O de Madrid. Les tapas y sont un peu ce que le vin est à Bordeaux: un incontournable. Alors, les tapas (les vraies), c’est quoi ?


Un exemple de tapas: de petites tartines avec du saumon, du fromage. Chez nous ce serait plutôt un apéro.

Un exemple de tapas ! (bar « Odin » – photo Matthieu Despeyroux)

À León, du côté du centre-ville, la plupart des bars proposent des tapas le soir. Et comme le soir peut se finir tard, là-bas, on peut en manger jusqu’à onze heures passées. J’ai eu la chance d’y vivre pendant plusieurs mois. Retour sur une coutume fort appréciée.

Le principe des tapas : on paie un verre, et ils nous offrent de la nourriture avec. Quand on est nombreux, la quantité de tapas augmente en proportion.

Il faut savoir qu’au mot « tapas » ne correspond pas une recette bien précise. C’est en général salé, mais j’ai déjà mangé des sucreries qu’ils appelaient aussi « tapas ». À León, ils proposent selon les bars des cacahouètes, des huîtres, de la viande, des fritures ou des parts de pizzas… Souvent, ça rappelle ce qu’on mange en apéro en France… sauf que ce ne sont pas des apéros. Ce sont des tapas ! On les mange assis ou debout, ça dépend, parfois on reste très peu de temps et on passe tout de suite au bar suivant…

Car la tradition veut qu’après avoir fini son verre – et ses tapas – dans un bar, on aille dans un autre, qui propose en général des recettes tout à fait différentes. En tout, on va dans quatre ou cinq bars ; malgré les petites quantités dégustées, au bout d’une heure à ce rythme, on se sent calé. Comme, à León, les bars qui proposent des tapas sont partout dans le centre, pas besoin de marcher beaucoup ou de connaître la ville pour en trouver. D’ailleurs, se perdre dans les rues animées de León le soir, ça a son charme…

Vous l’aurez compris, faire la tournée des tapas est aussi une occasion de se retrouver entre amis. Et, vu le monde qu’il y a certains jours, il est bon d’être en bande organisée. Car il est parfois impossible d’entrer à cinq en même temps dans un bar tant il est bondé : les Espagnols sortent beaucoup le soir (les Erasmus encore plus, mais ceci est une autre histoire). Le charme des tapas (outre que c’est très bon en général), c’est justement de se promener le soir dans les rues piétonnes, avec ses amis, quelque peu imbibés d’alcool (mais pas trop). On peut aussi payer un verre de Coca dans les bars, bien sûr, mais ça c’est de la triche.

Le peu que j’ai vu dans le reste de l’Espagne, les choses se passent différemment. On paie les tapas, et parfois on a une consommation gratuite. En France aussi, on connaît les tapas mais ce n’est pas pareil. Bref, si vous voulez expérimenter cette coutume, allez à León.

Pour voir à quoi peuvent ressembler les tapas, vous pouvez aussi consulter le lien suivant (en espagnol) :

http://www.theranking.com/tapa-n1-de-espana-las-mejores-tapas-de-leon_r17205

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Mai 02

Finlande : le règne du sauna

En Finlande, une maison qui se respecte possède son propre sauna. Explications.


Le sauna est une pratique comportant des bains de chaleur sèche entrecoupés de bains de vapeur, de douches chaudes et froides. Ses rôles sont multiples : outre un espace d’hygiène, il constitue un lieu de relaxation, de convivialité. Bien sûr, le froid qui règne là-bas contribue à expliquer cet engouement (on peut atteindre -30°C en hiver)  : pendant un moment, même bref, on connaît la plénitude de la chaleur. Enfin, l’abondance du bois permet cette profusion d’aménagements (les forêts recouvrent 68% du territoire).

Depuis plusieurs siècles, le sauna est devenu un élément culturel à part entière en Finlande. On compte entre 1,6 et 2 millions de saunas dans le pays, pour 5 millions d’habitants – soit une moyenne d’un sauna par foyer. Selon le site A-sauna.com, en 2005, 1,2 millions d’entre eux se trouvent dans des habitations privées ; les autres sont situés dans des lieux publics tels que les piscines.

Dans un sauna, hommes et femmes sont souvent séparés. Mais il arrive aussi qu’ils soient mixtes. D’autres facteurs entrent en jeu, bien sûr : l’âge, par exemple, détermine parfois avec qui on partage le sauna.

Si l’on est invité dans une maison finnoise, l’hôte peut nous proposer un sauna. Même chose après une réunion d’affaires ou des négociations. Il paraît que si cela arrive, c’est bon signe… Il ne serait donc pas particulièrement judicieux de refuser.

La diversité des types de saunas montre aussi combien cette pratique accompagne les habitants au quotidien : le sauna enterré, le sauna à fumée, le sauna électrique, ou même le sauna mobile… Bref, le sauna, là-bas, c’est comme le thé chez les Anglais : c’est une culture nationale (désolé pour le cliché, c’était trop tentant).

Et, tant qu’on y est, rappelons la nuance entre les adjectifs « finnois » et « finlandais » : « finlandais » s’utilise pour la Finlande (le pays), tandis que « finnois » s’applique à ses habitants, et à la langue.

 

Pour en savoir plus:

http://www.visitfinland.com/fr/

(en anglais) :

http://www.sauna.fi/in-english/sauna-information/sauna-in-finland/sauna-in-finland-today/

http://www.a-sauna.com/finnish-sauna.php

https://en.wikipedia.org/wiki/Finnish_sauna

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sauna

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Avr 22

Espagne: la Semaine sainte, une sacrée fête

Décidément, les Espagnols raffolent des fiestas… Mais elles n’impliquent pas nécessairement l’alcool. Ainsi, lors de la Semaine sainte, la coutume est aux processions.


Ce dimanche, c’était comme qui dirait la journée internationale des œufs et des lapins en chocolat. Mais Pâques, ce n’est pas que ça. C’est aussi la clôture de la Semaine sainte dans la religion chrétienne. Et, en Espagne, qui dit Semaine Sainte dit processions. Hé oui, 70,1% des Espagnols se disent catholiques.

Plusieurs villes sont réputées pour cette coutume. Certaines d’entre elles ont même été reconnues comme étant d’ « Intérêt Touristique International ». Tout particulièrement en Castilla y León, dans l’Espagne profonde.

Bon, déjà, c’est quoi une procession ? Il s’agit d’une manifestation de foi, organisée habituellement par une confrérie. Au cours de la procession, sont exposées des images religieuses, en général de la Passion, de Marie ou de saints. Et puis, il y a les fameux pénitents aux visages masqués par un capuchon conique (comme pour le Ku Klux Klan mais en plus sympa).

À León, plusieurs processions s’organisent chaque jour au cours de la Semaine sainte. Leur nombre est assez impressionnant. En plus, c’est drôlement bien organisé : horaires, plans, tout est prévu pour le croyant… ou le touriste. La chose est prise très au sérieux. Un certain nombre de règles s’appliquent au passage des processions. Le silence, l’ordre (ne pas gêner les processionnaires), le respect de la pénitence des autres et la liberté d’opinion.

Je ne peux pas vous parler en tant que croyant, mais comme touriste, ça vaut la peine. La preuve avec des photos via ce lien.

Localisation de León en Espagne, au Nord-Ouest de Madrid.

Voilà, c’est là, León! 2h au NO de Madrid.

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