De Capes et de Crocs : flagrant délire d’aventures

Humour, aventures, références littéraires, langage châtié jusqu’à la parodie… Une BD délirante qui dépoussière le roman de cape et d’épée.


 

 

De Cape et de Crocs est une série BD en dix volumes, crée par Ayroles et Masbou, qui se déroule au XVIIe siècle. Les héros sont un loup andalou – Don Lope de Villalobos y Sangrin – un renard français – Messire Armand Raynal de Maupertuis – tous deux gentilshommes… Et un mignon, mystérieux petit lapin blanc : Eusèbe.

Quoi ? Mais de qui on se fiche ? Oui, dans De Cape et de Crocs, les animaux qui parlent se mêlent aux humains. Et ça n’étonne personne. On est à mi-chemin entre les Trois Mousquetaires et le Robin des Bois de Disney. L’intérêt ? Un univers singulier dès les premières pages, et une source d’humour considérable. Le fait que le lapin porte malheur sur un navire promet bien des surprises…

Voici neuf raisons de lire De Cape et de Crocs. Au moins.

1)    Des références littéraires infinies. En particulier, les comédies de Molière et Cyrano de Bergerac (le personnage mais aussi l’auteur) sont au goût du jour. Sans oublier, en vrac, le théâtre classique, La Fontaine, Moby Dick et de multiples références que l’on découvre au fil des pages. Il est mathématiquement impossible de toutes les trouver à la première lecture… ni même à la seconde d’ailleurs.

2)    Une BD-monde. Ou même une BD-univers. De Venise à la Lune, en passant par l’île au trésor et les voyages intergalactiques, De Cape et de Crocs rengorge de pirates, Maures, bohémiennes, mercenaires, complots, indigènes, et j’en passe. Le tout en se moquant allègrement du cliché ou des schémas traditionnels.

3)    Des dessins truffés d’humour. Souvent l’arrière-plan est plein de surprises, en décalage avec le dialogue. Je garde un excellent souvenir de la fin du « perroquet » du capitaine Boone. À la première lecture, j’étais tellement préoccupé de la situation des personnages principaux que je n’ai pas remarqué la demi-douzaine – au moins – de vignettes qui décrivent en arrière-plan ce qui arrive au malheureux volatile… Mais je n’en dirai pas plus.

4)    Des dialogues savoureux. D’abord, ils sont drôles. Infiniment drôles. Et puis, l’alexandrin y est roi. Mais attention, pas l’alexandrin lourd et pesant de certaines tragédies classiques – non, ici on ne se rend parfois même pas compte qu’il s’agit d’un alexandrin. La musicalité qui rejoint la cocasserie, franchement, vous demandez quoi d’autre ? Un scénario. D’accord, on y vient.

5)    Des figures de style. Oui, cette BD vous fera enfin aimer les figures de style : contrepèteries, métaphores, solecismes, litotes… Vos cauchemars en deviennent hilarants.

6)    Des aventures abracadabrantes. Ou comment, de la Venise du XVIe siècle, se retrouver sur la face cachée de la Lune. Et les personnages qui essaient d’expliquer ça scientifiquement avec le jargon de l’époque… Inénarrable. L’absurdité devient le style même de cette saga.

7)    Un suspense haletant. On peut se moquer du scénario, mais, du fait même de son absurdité, on se rend compte que tout peut arriver. Les rebondissements sont nombreux, parfois touchants, souvent loufoques.

8)    Un décalage de ton. Décalage entre les dialogues et l’image. Des péripéties qui auraient pu être angoissantes dans d’autres contextes sont ici comiques… Bien que les derniers épisodes soient plus sombres, plus mélancoliques.

9)    Une couverture originale. Parce que, même sur la forme, De Cape et de Crocs s’éloigne de la BD traditionnelle. Les 2e et 3e de couverture ne sont jamais les mêmes. Plan de la Lune, de l’île, prologue, épilogue ou transition du volume, ils ont leur importance.

Le genre de BD que l’on ne se lasse pas de redécouvrir à chaque lecture. Le jour où l’on étudiera la BD au lycée, cette saga doit être au programme.

 

Et bientôt sortira même un diptyque des aventures d’Eusèbe, le lapin blanc…

 

Pour en savoir plus : le site alimenté par les fans de la saga (http://www.decape.askell.com/) !

 

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